
Au Québec, au début du siècle dernier, on considérait que le Père Noël américain, et protestant de surcroit, avait un côté un petit peu trop profane qui offensait les curés et les gens de bonnes manières. C'est donc à l'Enfant-Jésus que l'on confiait le soin de porter les cadeaux de Noël. Cette tradition venue d'Europe s'était là-bas développée pour les raisons inverses... En effet, les pays protestants comme l'Allemagne et l'Alsace, trouvaient que Saint-Nicolas, avec son costume d'évêque avait une allure beaucoup trop catholique pour le goûts de l'époque. Au moment de la Réforme, au 17e siècle on adopta l'Enfant-Jésus comme porteur des cadeaux.
En Allemagne, on l'appelle Christkindl, ce qui se traduit littéralement par Enfant-Christ. Le Christkindl désigne cependant un petit enfant. Comme il est trop petit pour apporter de gros cadeaux, on lui a donnée l'apparence d'une jeune garçon. Vêtu de blanc et arborant des ailes dorées, il ressemble à un ange. Il peut ainsi passer par les cheminées et les fenêtres entrouvertes pour livrer les précieux cadeaux.
En Allemagne et en Alsace, la coutume veut qu'on tienne une foire aux jouets un peu avant Noël. On y retrouve aussi des décorations et de la nourriture. Les jouets proviennent, en partie, des quêtes des enfants à la Guignolé. Du temps de Saint-Nicolas, on appelait ces fêtes le Klausenmarkt, mais avec l'arrivée de l'Enfant-Jésus comme patron de Noël, on l'appelle encore aujourd'hui le Chrikindlmarkt.